Investissement, aménagement du territoire et transition écologique : faire plus et faire mieux !

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A l’occasion de la séance plénière des 15 et 16 mars, Benoit Vandewalle est intervenu sur les volets aménagements du territoire et développement durable du Budget 2021.

Tout au long de ce mandat, nous n’avons eu de cesse de pointer la faiblesse du niveau d’investissement. En 2018, sur 101 Départements, le Nord ne devançait seulement que trois autres Départements en niveau d’investissement par habitant : l’Yonne, le Maine-et-Loire et la Moselle. Des territoires aux réalités, chacun en conviendra, bien différentes du Nord.  

Voilà que pour ce dernier budget du mandat et à quelques semaines des prochaines élections départementales, la majorité départementale fait le choix d’un affichage symbolique de 300 millions d’euros d’investissement.

Premier bémol, cela signifie plus vraisemblablement un niveau de dépenses d’équipements autour des 270 millions d’euros au regard des taux de réalisation des derniers comptes administratifs.

Pour autant, nous ne demandons qu’à croire en un tel niveau d’investissement tant ce mandat aura été décevant en la matière.

Ce ne sont pourtant pas les besoins qui manquent sur notre territoire.

Mais la droite a souhaité privilégier le choix du désendettement massif et les réflexes comptables hérités de l’ancien monde plutôt que d’activer de manière significative le levier de l’emprunt à l’heure des taux relativement bas.

Ils maintiennent d’ailleurs ce cap puisque pour cet exercice 2021, ils affichent l’objectif d’une stabilité parfaite de la dette.

En pleine période de crise, la droite départementale se paye même le luxe de poursuivre la diminution de la capacité de désendettement du Département.

Face à ce constat, parler comme ils le font aujourd’hui de « politique de relance » est un contresens total pour deux raisons principales :

– La première : le volume d’investissement prévu constitue davantage le retour au niveau que nous sommes en droit d’attendre de la part du plus grand Département de France qu’une mobilisation exceptionnelle ;

– La deuxième : si le niveau des crédits dans un certain nombre de domaine est bien renforcé, le Département du Nord n’a jamais proposé de plan de relance en tant que tel à l’instar de notre voisin du Pas-de-Calais.

La vérité, c’est que le Nord aurait pu faire bien plus depuis plusieurs exercices et surtout bien mieux pour préparer l’avenir de notre territoire et des Nordistes. 

En matière d’aménagement, la droite a commencé son mandat en 2015 par supprimer les contrats de territoire que nous avions mis en place. Ils permettaient alors à notre Département de construire une vision partagée et partenariale du développement de nos territoires. L’outil pouvait certainement être perfectionné mais il développait une vision pluriannuelle de nos engagements financier sur un territoire et instaurait un dialogue continu avec les communes et les intercommunalités.

A l’heure où toutes les collectivités s’inscrivent dans cette logique de diagnostic partagé et de projet de territoire, ils ont fait le choix de recentrer le Département sur des appels à projets à la sélection d’ailleurs opaque. En bref, ils ont réduit le Nord à un tiroir-caisse.

En matière de développement durable, vous avez commencé votre mandat par supprimer l’agenda 21 et les services départementaux qui portaient cette ambition au sein de notre collectivité.

Il vous aura fallu près de quatre années pour nous entendre et proposer à nouveau une politique structurée en la matière avec la politique Nord Durable.

Nous ne sommes d’ailleurs pas au bout de nos peines. A la lecture du rapport budgétaire, nous retrouvons ainsi les remarques que nous avions formulées à l’occasion de la présentation de la délibération cadre Nord Durable en séance plénière. Nous évoquions ainsi des orientations louables mais un défaut de moyens, de ressources et de méthode.

La politique environnement de notre Département demeure ainsi un nain budgétaire avec seulement 8 millions d’euros de crédits en investissement et 3 millions d’euros en fonctionnement.

Par ailleurs, l’urgence écologique et le combat contre le changement climatique impliquent un véritable changement de méthode de la part de notre collectivité. Or, il y a un défaut de conception profond dans ce Budget. Il considère encore l’écologie comme une politique autonome, une forme de supplément d’âme, alors qu’il devrait toucher de manière transversale nos politiques publiques.

Alors, qu’aurions-nous souhaité voir comme orientations en matière d’aménagement et de transition écologique ?

Tout d’abord, nous aurions pu attendre l’amorce d’une réflexion sur la mise en œuvre d’un budget climatique. Nous vous en avions parlé lors du précédent budgétaire. Il n’en est toujours rien.

Ensuite, nous considérons que le département est le bon échelon pour mener une transition écologique de proximité et l’aménagement durable de nos territoires.

L’alimentation et l’agriculture constituent par exemple des leviers majeurs. Or, si nous saluons l’initiative des circuits courts en restauration collective, nous ne pouvons pas nous en contenter.

En effet, agriculture locale ne signifie pas systématiquement agriculture durable. Un poulet acheté à côté de chez soi a été élevé à proximité de son lieu de consommation, mais il a peut-être été nourri à base de soja importé d’Amérique latine. Notre Département pourrait ainsi soutenir des pratiques favorables à l’environnement, telles que les pratiques issues de l’agro-écologie, celles participant à préserver les sols, les cours d’eau et la biodiversité.

Autre exemple, nous pourrions investir encore plus massivement sur nos bâtiments départementaux avec un grand plan d’isolation et de rénovation énergétique. La Gironde a ainsi investi plus d’un demi-milliard d’euros dans la création de 12 nouveaux collèges et dans la réhabilitation de 10 collèges.

En parallèle, le Département pourrait s’engager dans le domaine de la transition énergétique en soutenant les initiatives qui visent à renforcer localement la production d’énergies renouvelables. Comme première pierre, nous pourrions ainsi aller vers un approvisionnement en électricité verte à 100%.

Autre chantier à investir pour notre Département, celui de la santé environnementale où nous sommes totalement absents malgré les enjeux criants de notre territoire en matière de pollution de l’air.

En matière d’investissement, d’aménagement durable de nos territoires et de transition écologique, ce ne sont pas les chantiers ou les idées qui manquent à notre collectivité ; c’est seulement la volonté politique.