Education et collèges : le Nord n’est plus en tête du classement

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Alexandra LECHNER est revenu sur le budget de l’éducation et des collèges : un budget ambitieux avant 2015 mais largement rogné au cours du mandat.

Les collèges sont une politique clé de notre collectivité départementale. Le document budgétaire souligne que « la politique éducative est une priorité pour le Département et un enjeu pour l’avenir de sa jeunesse ».

Sans revenir sur l’ensemble du bilan 2015-2021, certains chiffres permettent de resituer les choses. En 2014, le Nord se distinguait comme l’un des départements les plus volontaristes en matière d’éducation. En euros par habitant et au titre des dépenses totales (fonctionnement et investissement confondus), il était le troisième département à faire le plus d’efforts pour les collèges après la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine.

Si on compare aujourd’hui le Nord avec d’autres départements, nous constatons qu’il ne figure plus dans le classement de tête et qu’il se place loin derrière certains départements comme la Gironde. En 2021, le département girondin augmente ses dotations aux 133 collèges publics et privés de 2,5 % pour un total de 26,4 millions d’euros. Dans le Nord, les dotations pour les 202 collèges publics plafonnent à 21 millions d’euros.

Au total, la Gironde débloque en 2021 144 millions d’euros de crédits de paiement contre 164 pour le Nord. Elle affecte en investissement 66 millions d’euros pour le déploiement du Plan Collèges (contre 25,4 dans le Nord). Elle poursuit les travaux de réhabilitations dans de nombreux établissements pour 36 millions d’euros (contre 39 dans le Nord). Elle prévoit une ligne de 8 millions d’euros sur la maintenance pour éviter la détérioration du patrimoine (contre 7,6 dans le Nord).

Enfin, la Gironde a maintenu ses effectifs d’agents départementaux présents dans les collèges. Ils sont au nombre de 1 300. L’entretien de leurs établissements scolaires n’a pas été externalisé. Ils gardent des agents de proximité polyvalents qui connaissent les lieux et participent à la vie des collèges. La droite nordiste est dans la logique inverse puisqu’elle prévoit une augmentation du coût de l’externalisation de l’entretien à la suite du départ d’agents. Conclusion, « la politique d’externalisation des fonctions d’agent d’entretien sera poursuivie en 2021 », bien sûr sans évaluation.

Concernant les politiques dites volontaristes en direction des collégiens, nous sommes toujours opposés aux modalités de l’Aide à la Réussite du Collégien mise en place dans le Nord. Nous souhaiterions un dispositif plus ouvert et inclusif. Par exemple, la Seine-Saint-Denis propose un chèque pour le soutien à l’achat de fournitures scolaires (des livres ou du matériel informatique) d’une valeur de 200 euros.

Face à la crise sanitaire et la précarisation de familles de collégiens, le Nord devrait se mobiliser davantage. Nous souhaiterions en particulier qu’à l’instar d’autres départements, le Nord renforce son action contre le décrochage scolaire qui a encore fait des ravages durant les confinements. Il s’agit d’un enjeu majeur au regard des chiffres de notre région. Le département pourrait apporter un soutien technique, logistique et financier aux établissements pour mettre en œuvre des projets locaux, associer les clubs sportifs, les associations de l’éducation populaire afin de rattacher les élèves à la vie scolaire.