Administration, Ressources humaines et SDIS du Nord : des mesures de rattrapage après un mandat marqué par les désengagements

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C’est Isabelle MARCHYLLIE qui a présenté notre analyse du budget dédié aux affaires générales, aux ressources humaines et au Service Départemental d’Incendie et de Secours alors que la majorité départementale est dans le déni politique concernant les suppressions de postes et la mise à mal du service public départemental.

Pour l’administration, vous fixez dans votre rapport plusieurs objectifs consensuels tout à fait récents :
–   celui d’une administration « zéro papier » avec la montée en puissance de la dématérialisation,
–  la mise en place en année pleine du forfait mobilités durables pour les agents qui utilisent les modes doux de transport pour leurs déplacements professionnels,
– le déploiement de kits de visio-conférence rendus nécessaires par la crise sanitaire.

Concernant le Service Départemental d’Incendie et de Secours du Nord, la participation financière départementale atteint 95,5 millions d’euros. Il s’agit d’une forme de rattrapage en raison des dépenses Covid et de l’augmentation de la prime de feu. Un département comme la Gironde (1,6 million d’habitants contre 2,6 millions dans le Nord) prévoit une contribution de 93,5 millions d’euros en 2021 pour son SDIS.

En matière de ressources humaines sur laquelle, nous avons de nombreux désaccords depuis le début du mandat. Nous avons toujours deux visions irréconciliables.

De notre côté, nous pensons que les ressources humaines sont une plus-value dans notre collectivité de proximité qui intervient sur tous les pans des solidarités humaines. De votre côté, vous considérez les ressources humaines comme un coût. Pour rappel, votre précédent DGS déclarait dans la Gazette des communes peu après sa prise de fonction en 2015 que « Le personnel, c’est 400 millions d’euros, si je réduis les coûts de 2 %, c’est déjà 8 millions d’économisés ».

La couleur était clairement affichée. D’après les comptes administratifs, entre 2016 et 2018, 397 équivalents temps plein ont été supprimés au Département du Nord.

Cette politique s’est notamment traduite par l’externalisation de l’entretien des collèges. En 2021, vous restez sur cette stratégie qui représente en réalité un coût non négligeable et en augmentation pour les finances départementales : pour quelle efficacité par rapport à des agents statutaires qui connaissent leur lieu de travail et peuvent se former, progresser, élargir leurs compétences.

Dans la dernière ligne droite du mandat, vous avez dû infléchir votre politique face aux mobilisations sociales dans les UTPAS. En 2021, vous prévoyez une augmentation de 10 millions d’euros de la masse salariale en raison des recrutements urgents et nécessaires pour l’aide sociale à l’enfance.

Plusieurs questions se posent pour la suite :
– quel déroulé de carrière pour les agents départementaux alors que les taux de promotion ont drastiquement chuté depuis 2015 ?
– quelle politique de recrutement au Département du Nord sachant que vous avez usé pour ne pas dire abusé de la voie contractuelle entraînant une précarisation des effectifs ?

Nous espérons que l’avenir sera plus favorable dans notre collectivité aux agents de la fonction publique territoriale qui gèrent sur le terrain des missions complexes et difficiles en lien avec la crise sanitaire, économique et sociale.