Un projet régional de santé pas à la hauteur de la crise sanitaire que traverse le Nord !

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Par Françoise Martin, Conseillère départementale du canton de Villeneuve d’Ascq.

Le 29 juin dernier, le Conseil départemental a exprimé son avis sur le Projet Régional de Santé 2018-2028 présenté par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Ce document établit un état des lieux et les objectifs à atteindre dans les prochaines années.

L’état des lieux montre, une nouvelle fois, la situation inquiétante de la Région Hauts-de-France avec un taux de mortalité homme et femme largement supérieur à la moyenne nationale.  Il fait apparaître les zones de désert médical et globalement les difficultés rencontrées par la population pour accéder aux soins de proximité.

Enfin, il met en évidence les besoins énormes dans le domaine médico-social avec un taux important de personnes en situation de handicap ainsi que des personnes qui meurent plus vite qu’ailleurs mais dont l’état de santé est tel que les dépenses de santé pour le soin sont aussi plus importantes qu’ailleurs.

Dans le même temps, il est utile de rappeler que des villes comme Lille ont depuis longtemps mis en place des plans et actions de prévention santé de manière volontariste.  Tout comme le Département du Nord d’ailleurs qui, pendant de très nombreuses années, a mobilisé des moyens financiers et humains dans les PMI pour faire reculer la mortalité infantile.

Qu’en est-il donc du Projet Régional de Santé ? La nouvelle écriture avec des territoires dits de proximité, qui n’en sont pas, noient les difficultés dans une réflexion globale et finalement amenuisent les besoins réels.

Des territoires en difficultés sont également mis en concurrence non pas pour avoir davantage de moyens mais simplement pour bénéficier du minimum d’équipement comme un scanner.

Il est dit tout l’intérêt de travailler dans une logique de prévention en développant des actions spécifiques. Ce que tout le monde écrit et dit depuis des dizaines d’années mais que rien de concret ne soit précisé.

Nous faisons encore le constat que nos établissements hospitaliers sont tous en déficits budgétaires, que les EHPAD sont en difficultés et qu’il n’y a pas assez de places, de structures, mais également d’équipements plus autonomes, de logements accompagnés tant pour les personnes âgées que celles en situation de handicap.

Nous sommes tous d’accord pour qu’il y ait beaucoup de moyens sur la prévention mais il faut entre 10 et 20 ans suivant les cas pour en voir les effets sur un domaine particulier.

Au regard des indicateurs de santé, notre Région a besoin d’une part de voir ses moyens maintenus pour soigner correctement et d’autre part de se voir allouer des moyens supplémentaires pour développer la prévention.

Naturellement, cela n’apparaît pas dans le Projet Régional de Santé. Il n’y a donc pas d’élément pour nous rassurer.

Sans précision sur les moyens humains et financiers nécessaires à notre Région, les bonnes intentions resteront une fois de plus lettres mortes. Les Nordistes et plus largement les habitants des Hauts-de-France ne peuvent pas se payer ce luxe. Voilà pourquoi, les élus du groupe SRC ont affirmé leur désaccord sur le PRS et sur l’avis policé du Département.