Un budget 2021 qui n’est pas au rendez-vous !

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Didier Manier revient sur l’examen du budget primitif 2021 au cours de la séance plénière des 15 et 16 mars.

Depuis 2015, l’exécutif est dans une gestion comptable des finances départementales : plus d’impôts, moins de dépenses et un moindre niveau d’investissement. Sa stratégie va-t-elle changer en 2021 ?

Didier Manier : Le rapport budgétaire est très clair sur cette question puisqu’il annonce dès la 3ème page que « le Département a décidé de mener une politique en continuité par rapport au début du mandat ». Face à la crise sanitaire, économique et sociale, la majorité départementale souhaite rester dans la continuité et poursuivre sur les mêmes logiques politiques et financières. Nous ne sommes pas du tout sur cette ligne car nous ne faisons pas du tout les mêmes constats et donc nous n’avons pas les mêmes réponses. Une autre politique était possible. Une autre politique est possible.

La droite suit les mêmes orientations budgétaires. Quelles sont les critiques ?

Didier Manier : Le budget de la droite continue en 2021 en pleine crise sanitaire d’afficher les mêmes priorités. Le 1er Vice-Président continue de réciter le même discours sur les bons et les mauvais gestionnaires. Il continue d’entonner le même refrain sur le soi-disant redressement financier du département. Sauf que le disque est rayé. En 2021, le débat se jouera entre ceux qui tireront des leçons de la crise et ceux qui poursuivront sur le même chemin sans tenir compte ni de l’urgence actuelle ni des erreurs gestionnaires du passé.

Quelles sont les principales erreurs de la droite sur ce budget départemental pour 2021 ?

Didier Manier : La première grande erreur de la droite porte sur notre capacité d’investissement. L’exécutif a une stratégie « centrée sur l’autofinancement et le désendettement ». Le rapport budgétaire indique en effet que le besoin d’emprunt inscrit au BP (181 Millions €) ne devrait être mobilisé qu’à hauteur de 146 Millions € en fin d’année. C’est un non-sens historique.

Les départements qui investissent aujourd’hui pour préparer l’avenir de leurs territoires – comme la Gironde (le département du Président du Groupe de Gauche de l’ADF) – ne sont pas sur cette stratégie. Ils mobilisent de l’emprunt évidemment ! Résultat, la Gironde va investir en 2021 271 millions d’euros pour 1,6 million d’habitants. Le Nord va lui investir 300 millions d’euros pour 2,6 millions d’habitants. En 2021, la Gironde mobilise 167 euros par habitant. Le Nord mobilise 115 euros par habitant. Nous ne jouons pas dans la même catégorie.

La deuxième grande erreur de la droite est de ne pas débloquer dans la période actuelle de véritables moyens supplémentaires sur nos politiques de solidarités humaines et territoriales.

Après avoir augmenté massivement les impôts (+ 25 % en 2016 sur le taux de la taxe foncière malgré leurs promesses de campagne), après un plan d’économies de 100 millions d’euros par an sur les services et les politiques départementales, la droite n’est pas capable d’inverser la vapeur et d’injecter des crédits sur nos politiques prioritaires comme l’autonomie, l’accompagnement des allocataires du RSA ou la jeunesse. Nous sommes bien loin dans le Nord du « quoi qu’il en coûte » du Président MACRON !

Une autre politique est-elle possible ? Avec quelles priorités ?

Didier Manier : Nous aurions voulu voter dans le Nord un budget engagé, innovant et solidaire qui soit du côté de l’avenir pour notre population et nos territoires. Nous voyons bien que les départements de gauche s’engagent pour apporter des solutions innovantes à leurs populations. Je pourrais évoquer la création en Seine-Saint-Denis de plus de 1 700 places d’accueil en crèches depuis 2015, le financement en Dordogne de séjours à haute valeur ajoutée en termes d’activités culturelles, sportives et environnementales pour les enfants et les jeunes pris en charge dans le cadre de l’ASE, la création en Gironde avec « Mobalib » du premier réseau social pour faciliter la vie quotidienne des personnes en situation de handicap, ou encore la création dans le Pas-de-Calais de « l’AIDOTEC » afin de recycler les matériels médicaux à destination des personnes âgées si coûteux pour le budget des familles et pourtant si indispensables au maintien à domicile. L’exécutif ne prend pas ce type initiatives solidaires qui ne coûtent pas toujours beaucoup d’argent.

Au lieu de préparer un plan de sortie de crise, l’exécutif reste sur son train train, l’œil collé sur la maîtrise aveugle des dépenses de fonctionnement et le désendettement qui ne prépare pas l’avenir. Nous pensons que cette trajectoire budgétaire est en décalage. Elle est en décalage avec les événements actuels. Elle est en décalage avec les besoins sociaux du département et la nécessité de repenser des solidarités nouvelles entre les Nordistes. Une autre politique était possible durant ce mandat. Une autre politique est possible pour le prochain mandat !

Retrouvez ci-dessous l’intervention de Didier Manier
lors de la séance plénière en visioconférence