Transition écologique et solidaire : gare aux tartuffes !

Mots-clés : , ,

Par Didier Manier
Président du groupe Socialiste, Radical et Citoyen
Ancien Président du Conseil général du Nord

Au plan national, le bilan d’Emmanuel Macron en matière d’écologie reste marqué par le départ tonitruant de son ministre Nicolas Hulot au mois d’août 2018. Il avait alors quitté le gouvernement faute de choix volontaristes et d’arbitrages favorables. Depuis, la politique gouvernementale ne s’est guère réorientée en faveur de la transition écologique malgré les discours parfois volontaristes de l’exécutif.

Au Conseil départemental du Nord, la crise écologique n’avait pas été prise en compte ni même évoquée au sein de l’hémicycle depuis le début du mandat en mars 2015. Il a fallu attendre la Séance Plénière du mois de novembre 2019, soit la cinquième et avant-dernière année du mandat pour que la transition écologique fasse l’objet d’une délibération.

Il y a toujours d’un côté les discours et de l’autre les actes.

Au Département du Nord, il faut retenir depuis 2015 la suppression de la Mission Agenda 21 qui avait justement pour objectif de faire avancer la question environnementale au sein des services départementaux et dans les politiques publiques départementales : direction finalement recréée quelques années plus tard. Des financements aux associations environnementales ont également diminué ou ont été supprimées. Mais surtout, il y a eu une véritable inaction et une absence totale de volontarisme politique.

Face à la crise écologique, beaucoup trop de temps a déjà été perdu depuis 2015.

Pourtant, la précédente majorité de gauche avait un réel bilan en matière de transition écologique et solidaire. Nous avions élaboré un Plan Climat Départemental en 2014. Nous avions également cofondé un Observatoire du climat, mis en œuvre un schéma « Mobilité Liberté 2030 », développé la Haute Qualité Environnementale pour les bâtiments départementaux, l’approvisionnement local dans les cantines scolaires : les initiatives étaient déjà lancées. Elles auraient dû être confortées.

Aujourd’hui, la majorité de droite verdit son discours. Cependant, il ne s’agit plus de porter une simple « écologie du bon sens » telle que prôné par l’exécutif départemental. Il faut aller plus loin et plus vite. Nous devons repenser l’ensemble des politiques départementales et défendre un véritable budget de transition écologique et solidaire. En somme, il s’agit désormais de passer véritablement des paroles aux actes. Le temps presse.