Sécurité routière : l’Etat se défausse sur les départements !

Le Premier ministre vient de se déclarer favorable à la possibilité des départements de déroger à la vitesse maximale autorisée de 80 km/h sur les routes secondaires en concordance avec un amendement du groupe parlementaire de La République en marche dans le cadre de la loi sur les mobilités qui responsabiliserait les Présidents de département plutôt que les Préfets.

Il s’agit d’un transfert de responsabilité inacceptable.

En effet, les élus locaux se retrouveront sous la pression pour faire passer la vitesse maximale autorisée de 80 à 90 km/h sur l’ensemble des routes départementales. Cependant, lorsqu’un accident se produira fatalement sur ces routes, les Présidents des Conseils départementaux seront désormais pénalement responsables. En outre, les élus locaux devront assumer le coût humain de la mesure si l’augmentation du nombre de morts sur les routes se vérifie après le retour aux 90 km/h.

La sécurité routière est un enjeu national.

Or, l’annonce, tout juste avant les élections européennes, du changement de règle pour la vitesse maximale autorisée pourrait être interprétée comme une manœuvre politicienne.

La méthode gouvernementale n’est pas la bonne.

Le Premier ministre a décidé de faire passer de 90 à 80 km/h la vitesse maximale sur le réseau secondaire. Il doit aller au bout de sa réforme et dire si oui ou non la mesure est efficace, si oui ou non elle doit être adaptée et si oui ou non la mesure doit être remise en cause. Faire assumer par d’autres la responsabilité de ses choix politiques n’est pas honnête !

Communiqué de Didier Manier

Président du Groupe Socialiste, Radical et Citoyen