Sécurité des pompiers : création d’une mission d’information au Sénat !

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Patrick KANNER, Président du groupe socialiste et républicain au Sénat est co-rapporteur de la mission d’information sur la sécurité des sapeurs-pompiers en France. Alors que les chiffres sur la hausse du nombre d’agressions déclarées par les sapeurs-pompiers sont alarmants, le groupe socialiste et républicain du Sénat a obtenu la création d’une mission d’information sur la sécurité des sapeurs-pompiers. La troisième force de sécurité intérieure doit pouvoir effectuer ses missions dans de meilleures conditions.

Pourquoi avoir créé une mission d’information sur la sécurité des Sapeurs-pompiers ?

Patrick KANNER : Cette mission d’information a été créé à la suite de l’adoption de ma proposition de loi qui permet l’anonymat des personnes témoins d’agressions sur les sapeurs-pompiers quand ils déposent plainte. Dans ce cadre, j’ai rencontré les instances représentatives des sapeurs-pompiers et j’ai constaté que face à l’augmentation des cas d’agressions nous ne pouvions plus laisser les sapeurs-pompiers seuls face à ces problématiques.

J’ai constaté que face à l’augmentation des cas d’agressions nous ne pouvions plus laisser les sapeurs-pompiers seuls face à ces problématiques

Avec une augmentation de 23% en un an et de 213% lors des dix dernières années, c’est le rôle du législateur de réagir et de trouver des solutions pérennes. De plus, en tant qu’ancien Président du SDIS du Nord, je ne peux rester insensible à la situation de nos protecteurs quand la région Hauts-de-France est la troisième région en nombres d’agressions de Sapeurs-pompiers (8 sur 10000 interventions).

Comment expliquez-vous la hausse de ces violences ?

Patrick KANNER : C’est l’un des buts poursuivis par cette mission que de répondre à cette question. Premièrement nous remarquons une disparité territoriale de l’augmentation des agressions et du pourcentage de dépôt de plainte. Néanmoins, si certaines zones sont plus particulièrement ciblées, aucune n’est totalement épargnée.

Parfois, ces agressions sont liées à un contexte de violence urbaine. Mais cette hausse s’explique aussi par la nature des missions des pompiers et leur évolution.  Aujourd’hui le secours à la personne représente plus de 80 % de leur travail. Ainsi ils sont souvent confrontés à des situations délicates à cause d’une superposition de facteurs médico-psycho-sociaux. Un grand nombre d’agressions se déroulent au sein même du foyer de la personne secourue. Les faits sont perpétrés par son entourage voire par le patient lui-même. Témoins privilégiés des fractures sociales de la société, les pompiers doivent parfois gérer des situations extrêmement sensibles.

Quels sont les objectifs de cette mission d’information ?

Patrick KANNER : Cette mission d’information doit répondre à plusieurs objectifs. Former les sapeur-pompiers et leur hiérarchie à appréhender les difficultés relationnelles en amont des interventions, sécuriser les interventions en détectant les situations problématiques, établir une meilleure coordination avec les autres forces de sécurité intérieure font parties de nos premières pistes de travail.  Il faudra également enclencher une réflexion sur les suites judiciaires aux agressions afin de lutter contre le faible taux de plainte.

Cela fait des années que les pompiers expriment des doléances ; il est temps de les écouter. Nous allons auditionner un grand nombre d’acteurs et nous déplacer sur site pour rencontrer les premiers concernés. A plus long terme, nos préconisations pourront déboucher sur des propositions de loi ou des évolutions réglementaires. Le Gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de la situation, nous espérons donc que ce travail le poussera à réagir et qu’il se saisira de nos propositions pour améliorer le quotidien des pompiers.

Le Gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de la situation, nous espérons donc que ce travail le poussera à réagir et qu’il se saisira de nos propositions pour améliorer le quotidien des pompiers.

Aujourd’hui, il est indispensable d’améliorer les conditions des femmes et des hommes qui nous protègent chaque jour. Nous avons six mois pour cela, nous comptons bien mener à terme notre mission.