« Renouveau des territoires » : une nouvelle politique qui souligne le défaut de pilotage de l’aménagement du territoire depuis 2015

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Frédéric Delannoy est intervenu sur la nouvelle politique dite de « Renouveau des territoires » à l’occasion du débat sur le Budget primitif 2020.

Avec l’examen de ce Budget primitif 2020, nous constatons d’abord avec interrogation que cette nouvelle politique ne fait l’objet d’aucun budget dédié ni de fléchage particulier dans les différents budgets thématiques.

Mais au-delà de cet aspect budgétaire non négligeable, la mise en avant de cette politique du « Renouveau des Territoires » vient surtout conforter notre analyse sur le défaut de gouvernance majeur des politiques départementales sur les territoires.

En supprimant les Contrats de territoires dès 2015, la droite départementale a supprimé le travail de diagnostic partagé et les Conférences partenariales qui réunissaient déjà à l’époque les Conseillers départementaux du secteur, les Maires et les intercommunalités.

Ces Contrats de territoires visaient également à sortir d’une logique de travail en silo pour travailler de manière transversale sur l’ensemble des domaines d’intervention du Département sur les territoires. Au-delà de l’aménagement du territoire et du soutien à l’investissement local, il était également question de mobilité, de transition écologique, d’éducation, de culture ou encore de solidarité.

Ce faisant, les politiques publiques départementales ont été pilotées de manière isolée au cours de ce mandat.

Le manque de concertation avec les élus locaux ou avec les Conseillers départementaux du secteur pose d’ailleurs souvent question. Qui priorise les projets de voirie ? Qui priorise l’attribution des subventions d’investissement aux communes et intercommunalités ? La logique de guichet qui prévaut depuis 2015 est source d’une réelle opacité.

Au-delà, et c’est important lorsque l’on veut porter une véritable ambition en matière de transition écologique, les Contrats de territoire permettait d’engager une vision pluriannuelle et un développement cohérent du territoire.

Par conséquent, la majorité départementale s’est reposée sur les dispositifs d’État pour agir de manière prioritaire et spécifiques sur certains territoires du département.

Que ce soit avec l’Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier, le Pacte pour la réussite de la Sambre-Avesnois-Thiérache ou le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain, le Département est apparu à la remorque de l’État et a perdu l’initiative alors qu’il devrait être l’animateur et le coordinateur des solidarités humaines et territoriales.

C’est une situation que nous regrettons profondément et qui est malheureusement à l’image d’un mandat durant lequel le Département a davantage subi qu’agit.

Voilà donc maintenant que le Département affiche sa volonté de reprendre une forme d’initiative avec la politique du « Renouveau des Territoires » et avec sa première traduction, la « Stratégie pour l’Avenir du Cambrésis ».

A cet égard, je veux aussi dire la nécessité pour notre groupe de mener un tel travail de concertation et de contractualisation à l’échelle de chacun des territoires et sans stigmatisation particulière. Chaque territoire, Avesnois, Cambrésis, Douaisis, Valenciennois, métropole lilloise, Flandres ou littoral, dispose de ressources et de besoins particuliers que le Département devrait davantage prendre en compte pour l’avenir.