Que nous réserve le budget départemental pour 2020 ?

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Alors que l’année vient tout juste de débuter, quelles sont les perspectives budgétaires pour 2020 ? Quelle a été la trajectoire financière du mandat ? Ce dernier budget marque-t-il un changement de cap de la majorité départementale de droite ?

Jean-René Lecerf prétend durant ce mandat avoir obtenu de réels engagements financiers de la part du Gouvernement avec notamment le Plan Pauvreté : a-t-il raison ?

Pour rappel, dans le mandat 2011-2015, nous avions obtenu avec Patrick Kanner le Pacte de confiance et de responsabilité qui a rapporté environ 100 millions d’euros supplémentaires par an pour le Nord. Jean-René Lecerf, quant à lui, a obtenu avec le Plan Pauvreté un engagement de l’Etat pour le Nord de 25 millions d’euros sur 3 ans : 4 en 2019, 8 en 2020 et 12 en 2021.

Depuis 2017, le Gouvernement actuel a refusé de relever le taux des Droits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO) qui sont la dernière ressource dynamique au profit des départements mais il a aussi et surtout décidé de transférer au 1er janvier 2021 la Taxe sur le Foncier Bâti aux communes en compensation de la suppression de la Taxe d’Habitation. L’autonomie financière et fiscale des départements est complètement bafouée.

En réalité, n’y a pas eu le moindre début d’un petit sursaut en faveur de la solidarité nationale depuis le début de ce quinquennat. Les fonds de l’Etat en faveur du Département du Nord ont largement baissé depuis 2015.

Ce budget pour 2020 est le dernier budget de la mandature. Cela a été annoncé par Jean-René Lecerf. Quel premier bilan peut-on faire ? Quelle a été la trajectoire financière et budgétaire de ce mandat ?

Avec ce budget, nous restons globalement dans la trajectoire du mandat pauvre en ambition, marqué par de nombreux désengagements sur le volet des solidarités humaines et peu volontariste et inventif en matière de solidarités territoriales.

Un mandat marqué par une augmentation massive des impôts dès 2016 malgré la promesse électorale de Jean-René Lecerf et des candidats du Groupe UPN de ne pas augmenter le taux de la taxe foncière.

Ce budget 2020 marque-t-il une inflexion par rapport à la politique d’économies drastiques décidée depuis le début du mandat ?

Pour 2020, l’exécutif de Jean-René Lecerf se félicite sur certaines politiques d’injecter des crédits supplémentaires en fonctionnement. C’est le cas des établissements en protection de l’enfance ou des recrutements dans les UTPAS en matière de ressources humaines. Il s’agit en réalité de secteurs en souffrance pour lesquels il y avait urgence après les coupes budgétaires imposées ces dernières années !

Il ne s’agit que de modestes rattrapages. La majorité départementale desserre un peu l’étau après avoir passé le rouleau compresseur sur l’ensemble des politiques départementales depuis le début du mandat en 2015 !

Pourquoi avoir augmenté si massivement les impôts des Nordistes pour une politique aussi chiche en fonctionnement et en investissement ?

Prenez l’évolution de la politique Enfance, Famille, Jeunesse, les crédits n’ont fait que baisser par rapport à la dernière année du mandat de la majorité départementale de gauche en 2015. Pourtant les besoins d’accompagnement sont particulièrement importants dans le Nord !

Quel bilan pour les services départementaux de proximité ?

Durant ce mandat, l’exécutif de Jean-René Lecerf n’a pas renforcé mais affaibli la collectivité départementale avec :

–      des réorganisations et suppressions de postes menées tambour battant qui ont engendré une déperdition des compétences et une perte de sens au travail dans les services départementaux ;

–      des retards de recrutements au sein du Service Départemental d’Incendie et de Secours qui ne sont pas encore véritablement réglés.

L’exécutif actuel se targue d’avoir au moins préservé l’investissement durant ce mandat. Les chiffres le confirme-t-il ?

En réalité, le Nord s’est surtout désendetté au détriment de l’investissement. Nous étions à 6 années en 2018. Pour 2020, une capacité de désendettement à 5 années est annoncée. Il y a donc une trajectoire de désendettement mais jusqu’où ? pour quelle stratégie ? avec quels objectifs ? Si l’on n’investit pas aujourd’hui, on n’investit pas pour les générations futures. L’exécutif actuel n’a pas suffisamment préparé l’avenir. Que de temps perdu qui ne sera jamais rattrapé !

Pourtant, les chiffres de l’investissement annoncés au Budget Primitif 2020 sont importants et marquent une reprise en apparence ?

Le document budgétaire évoque un investissement volontariste avec une augmentation des crédits à hauteur de + 51 millions d’euros entre le Budget Primitif 2019 et le Budget Primitif 2020. Sur le papier, c’est un chiffre qui fait rêver !

Pour autant, le taux de réalisation des dépenses d’équipement n’était que de 79% en 2018. A combien se chiffrera-t-il au Compte Administratif 2019 ? Quel sera l’ampleur du décalage entre l’affichage virtuel au Budget Primitif et les réalisations concrètes lors de l’année 2020 ?

Pour rappel, le chiffre – bien réel celui-là – des dépenses d’investissement hors dette n’était que de 78,4 euros par habitant en 2018. Le Nord était derrière l’Oise (162 euros par habitant), derrière le Pas-de-Calais (126 euros par habitant), derrière la Somme (122 euros par habitant) et derrière l’Aisne (87 euros par habitant). Il se classait dernier département de la grande région au titre des investissements réalisés : un triste classement au regard des besoins de notre territoire !