Protection de l’enfance : vigilance après les désengagements du mandat

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Virginie VARLET a rappelé notre vigilance sur la politique de protection de l’enfance qui a fait l’objet de reculs inacceptables au cours du mandat. Notre Mission d’Information et d’Evaluation sur l’enfance n’a pas été inutile : la majorité départementale a dû infléchir sa politique et augmenter les moyens.

Sur le budget de l’enfance, nous constatons des avancées positives avec une augmentation sonnante et trébuchante de + 9,3 millions d’euros par rapport au Budget Primitif 2020. C’est tout de même dommage d’avoir dû attendre l’Etat, le Gouvernement, le Plan Pauvreté et la Stratégie nationale de prévention et de protection de l’enfance, une Mission d’Information et d’Evaluation pour enfin avoir vu arriver des moyens supplémentaires sur cette politique prioritaire.

Nous avons noté les orientations nouvelles qui découlent du Rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation (dont Virginie VARLET en a été la co-rapporteure) :
– l’importance de la prévention précoce en lien avec les PMI dont nous demandons toujours la réouverture dans les maternités nordistes ;
– l’action nécessaire sur la santé et notamment la santé psychique des jeunes qui est un véritable enjeu ;
– la prise en compte de la parole des enfants : sur ce point, nous souhaiterions un véritable plan contre les violences institutionnelles (formation des professionnels, espaces d’expression pour les jeunes, groupes de parole, lutte contre le harcèlement, les discriminations et les stéréotypes mais aussi évaluation renforcée des établissements) ;
– la sécurisation des parcours des enfants : particulièrement pour les accueils en long terme ;
– la lutte contre les sorties sèches de l’ASE : l’autonomie ne doit pas être qu’une injonction, elle doit être préparée avec de véritables moyens pour tous les jeunes quelques soient leur parcours, leurs choix personnels et leurs possibles échecs.

Nous avons en tête deux grandes préoccupations :
Premièrement, il faut stabiliser les moyens financiers départementaux dédiés à la protection de l’enfance. Entre 2015 et 2019, ce budget n’a pas été sanctuarisé. Nous pensons qu’il est nécessaire de mettre en œuvre des outils de pilotages permettant d’évaluer les moyens nécessaires de l’ASE (places en foyers, en accueil familial…) alors que les besoins ne faiblissent.
 Deuxièmement, il faut favoriser une organisation du travail bienveillante au sein du service social départemental. Les logiques gestionnaires ne doivent pas rester prépondérantes. Il est nécessaire de renforcer la culture de la coordination et de permettre aux professionnels de retrouver du sens à leurs missions qui sont parfois jugées beaucoup trop bureaucratiques.

Enfin, dans la période actuelle, chacun a besoin de souffler. Nous connaissons les ravages des confinements et du couvre-feu sur les jeunes ; particulièrement sur les jeunes les plus fragiles. C’est pourquoi, nous souhaitons que notre collectivité débloque des moyens supplémentaires afin de permettre aux enfants et aux adolescents de prendre le large, partir en vacances et se ressourcer dès que possible loin du quotidien et de l’actualité pesante. C’est une nécessité.