Protection de l’enfance : pourquoi nous n’avons pas voté la nouvelle feuille de route !

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A l’occasion de la Séance Plénière du 16 novembre dernier, le Vice-Président Yves Dussart a inventé un monde merveilleux dans lequel le Département du Nord était un véritable « pionnier de la protection de l’enfance ». Il s’est offusqué de notre abstention sur les deux rapports présentés : les nouvelles mesures de la stratégie nationale et la nouvelle feuille de route pour la protection de l’enfance. Pouvions-nous sérieusement donner quitus à la majorité départementale actuelle et signer des deux mains ses rapports lorsque l’on regarde les décisions qui ont été prises depuis 2015 ? Réponse de Virginie Varlet.

« Les chiffres sont têtus » : la majorité UPN a bien baissé le budget de la protection de l’enfance !

Une baisse budgétaire complément assumée… à l’époque !

La majorité UPN n’avait pas caché sa décision de baisser le budget de la protection de l’enfance. C’est écrit sur noir blanc dans leurs documents budgétaires. Par exemple, le Compte administratif 2016 : le budget est passé de 478 M€ en 2015 à 463 M€ en 2016.

700 places d’hébergement supprimées !

Pour le Vice-Président, il n’y a pas eu 700 places en foyer supprimées mais « transformées »… Jouer sur les mots n’apportent pas grand-chose au débat. Les 700 places ont disparu. Les lits ont fermé.

La suppression des dispositifs de départ en vacances

Les vacances devraient être un droit, notamment pour les enfants de l’aide sociale. Le Département du Nord finançait plusieurs actions afin de permettre aux jeunes de partir en séjour. L’opération « un été en Nord » offrait l’opportunité à des jeunes de 11 à 15 ans de partir gratuitement au mois d’août sur un site du département. Le dispositif n’a pas été reconduit en 2016. 783 jeunes avaient pu en bénéficier l’année précédente pour un coût de 285 000 €. L’association Vacances du Cœur, après 30 années de collaboration avec le Département du Nord, s’est vue notifiée l’arrêt brutal du partenariat. Entre 2010 et 2014, l’association avait pu bénéficier de 478 000 euros par an ce qui avait permis chaque année de faire profiter 900 jeunes de séjours en France et à l’étranger.

La suppression des points PMI dans les maternités nordistes

Les services de Protection Maternelle et Infantile (PMI) dans les maternités de Lille, Roubaix, Armentières et Valenciennes ont fermé le 31 décembre 2018. Elles avaient l’avantage d’assurer le suivi mère-enfant et la prévention des maltraitances dès les premiers jours du nourrisson. La charge du dépistage et du suivi précoce a été transférée sur les personnels des PMI de secteur, sans moyen supplémentaire.

Les Clubs de Prévention malmenés

Les Clubs de Prévention s’adressaient aux jeunes qui n’ont plus d’attache avec le système scolaire et risque de basculer dans la délinquance. Ils menaient des actions dans les quartiers difficiles et faisaient partie du dispositif de lutte contre la radicalisation, sujet malheureusement toujours actuel. Les dotations départementales aux Clubs de Prévention ont fondu de 5% par an à partir de 2016. Cela a entraîné la fermeture de certains clubs comme celui de Lambersart, de Marcq-en-Baroeul, de Vauban ou de Lomme et la réduction d’activité pour d’autres clubs.

Protéger l’enfance face à la crise sanitaire

Nous savons que la crise sanitaire aggrave fortement les difficultés. L’Observatoire national de la protection de l’enfance a montré qu’avec le confinement, les risques de violences sur enfant augmentent et les occasions de les repérer diminuent. Les études anglo-saxonnes estiment que les violences intrafamiliales ont augmenté de l’ordre de 20 % lors du premier confinement avec la fermeture des écoles. En outre, la crise sanitaire impacte la santé mentale des enfants. Plusieurs études aux Etats-Unis et en Europe rapportent qu’environ 40 % des parents ont observé des signes de détresse chez leurs enfants. Selon l’OCDE, cette détresse est encore plus forte pour les enfants vulnérables. Nous demandons une véritable mobilisation départementale afin que les enfants ne soient pas des victimes collatérales de cette crise sanitaire.