Protection de l’enfance dans le Nord : la majorité départementale tente de réécrire l’histoire !

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Communiqué de Didier Manier,
Président du groupe Socialiste, Radical et Citoyen au Conseil départemental du Nord
Ancien Président du Conseil général du Nord

Dans l’article publié dans La Voix du Nord ce mercredi 10 juillet 2019, la majorité départementale engage une réécriture de l’histoire en décalage total avec le vécu depuis 2015 des enfants concernés, des familles et des travailleurs sociaux.

« Il y a une forme d’indécence à voir la majorité départementale réécrire l’histoire alors que la situation de la protection de l’enfance dans le Nord s’est dégradée, du fait de leur action, depuis 2015 ».

Didier Manier

Dans cet article, le Vice-Président du Conseil départemental, annonce fièrement le recrutement de 200 assistants familiaux comme solution miracle aux déboires de la protection de l’enfance dans le Nord.

Un acte affiché comme volontariste afin de passer de 2 600 assistants familiaux à 2 800 assistants familiaux. Or, il s’agit notamment d’un phénomène de rattrapage puisque le nombre d’assistants familiaux était en 2014 de 2 700 (source Compte Administratif 2014).

Faut-il rappeler, qu’entre temps, les besoins se sont également accrus avec la suppression de 700 places d’hébergement dans les établissements depuis 2015 ?

Avec le groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Apparenté, nous avons obtenu en janvier dernier la création d’une Mission d’information et d’évaluation sur la protection de l’enfance dans le Nord. Alors que le travail de cette Mission commence à porter ses fruits et rendra ses conclusions à l’automne prochain, nous ne sommes pas dupes des manœuvres de désinformation en cours.

Curieusement, il n’est jamais question dans les communications départementales du travail « en mode dégradé » des travailleurs sociaux, de l’orientation vers l’autonomie dès 16 ans de ces jeunes en situation de fragilité, des réductions budgétaires réelles, des contrats d’accompagnement des jeunes majeurs délivrés au compte-goutte, de la suppression des PMI dans les maternités, du démantèlement de la prévention spécialisée…

La politique de protection de l’enfance souffre évidemment du recul de la solidarité nationale, de la pénurie des moyens financiers accordés par l’État ou encore de difficultés structurelles à recruter de nouveaux assistants familiaux. Pour autant, l’aide sociale reste sous la responsabilité du Département du Nord qui est seul garant de l’intérêt des enfants.

Au-delà de ce contexte, force est de constater que la Protection de l’enfance dans le Nord est à la fois victime des erreurs stratégiques en matière d’orientation politique et des choix budgétaires régressifs engagés depuis 2015.