Politique insertion : encore et toujours un accompagnement à deux vitesses des allocataires…

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Roger Vicot est intervenu sur la politique insertion et emploi à l’occasion du débat sur le Budget primitif 2020 du Département.

Première observation, le rapport budgétaire est particulièrement laudateur en matière d’insertion sur le bilan des retours à l’emploi des allocataires du RSA.

En somme, grâce à la droite, le nombre de foyers serait passé de 111 700 allocataires payés en 2015 à 102 786 allocataires payés en 2019. Cela paraît un peu présomptueux face à la tendance nationale de baisse des allocataires du RSA que l’on retrouve dans l’ensemble des départements.

En réalité, le Nord comptait près de 115 000 foyers allocataires du RSA en 215. Au 31 décembre 2018, on comptait 108 667 foyers allocataires. La baisse se chiffre à – 5,50% entre 2015 et 2018 dans le département du Nord.

Fin 2015, 1,95 million de foyers percevaient la partie socle du Revenu de Solidarité Active (RSA). En mars 2019, 1,84 million de foyers touchaient cette prestation. La diminution se chiffre à – 5,64% au niveau national entre 2015 et 2019.

De plus, aucune étude n’est en mesure de vérifier ce qui relève du contexte local et ce qui relève de la dynamique économique régionale et nationale.

Deuxième observation, nous constatons que les moyens ne progressent pas pour les dispositifs d’insertion.

L’exécutif département a inscrit des crédits au Budget Primitif 2020 à hauteur de 718 millions d’euros qui seront consommés à hauteur de 660 millions d’euros pour le versement de l’allocation RSA. En 2020, les 12 mois de RSA sont financés dès le projet de budget. En 2019, l’exécutif avez inscrit au Budget Primitif des crédits à hauteur de 693,9 millions d’euros dont 633,6 millions d’euros pour le RSA.

L’exécutif prévoit donc 58 millions d’euros en 2020 pour les actions d’insertion contre 60 millions d’euros en 2019 : comment s’explique cette diminution de crédits ?  

Une dernière observation, en dehors des priorités fléchées du Plan Pauvreté, la droite ne renforce pas véritablement les crédits des actions d’insertion et des actions de solidarité.

Pourtant, les besoins sont importants dans le domaine caritatif, dans le domaine de la lutte contre les violences faites aux femmes ou de la jeunesse alors que la subvention de fonctionnement aux Missions locales a été supprimée en 2018.

En outre, nous nous interrogeons sur la suppression des crédits au titre de l’insertion par la culture qui étaient encore récemment cofinancés par la Direction de l’Insertion Professionnelle et de la Lutte contre les Exclusions (DIPLE). Il s’agit d’un mauvais signe pour les structures qui agissent dans ce domaine car elles connaissent les apports et les effets bénéfiques du travail de médiation culturelle.

Depuis le début du mandat, la droite départementale reste sur un accompagnement à deux vitesses des allocataires du RSA. Nous ne sommes pas en phase avec cette politique du chiffre. L’accompagnement des publics ne devrait pas se limiter uniquement à des objectifs chiffrés de baisse du nombre d’allocataires. La lutte contre les exclusions est un domaine qui demande une toute autre ambition beaucoup plus globale.