Plan pauvreté : Macron, Lecerf, même combat !

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Communiqué de Didier Manier, Président du Groupe socialiste, radical et citoyen

Toutes les actions nouvelles contre la pauvreté sont les bienvenues. C’est le cas pour un certain nombre de mesures du Plan Pauvreté annoncées le 13 septembre par le Président de la République. Cependant, la lutte contre la pauvreté exige un engagement constant, de la cohérence et de véritables moyens.

Or, le financement du Plan Pauvreté est loin d’être ambitieux. Il se limite selon les chiffres de l’Observatoire des inégalités à 8 milliards d’euros sur 4 ans pour 9 millions de pauvres, soit 62 centimes par personne pauvre et par jour. La suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) représente quant à elle 3 milliards d’euros par an en faveur des 300 000 redevables.

Pour les départements chefs de file des solidarités humaines, le Plan Pauvreté apporte un financement national supplémentaire de 135 millions d’euros en 2019. Le Nord bénéficiera d’une « aumône » de 4,2 millions d’euros l’an prochain.

Il y a un monde entre la parole et les actes au sommet de l’État ; la démesure de l’objectif fixé par le Président de la République d’éradiquer la grande pauvreté sur une génération et la modestie des sommes débloquées en face.

Pour autant, la majorité départementale de droite vient applaudir le Plan Pauvreté se félicitant même d’être le premier département à signer cet engagement avec le Gouvernement lors de la Séance Plénière du 17 décembre. Il y a là aussi un gouffre entre l’exercice de communication tout azimut et la mobilisation réelle de la majorité actuelle dans la lutte contre la pauvreté.

Le vrai bilan départemental est bien plus polémique.

En effet, la majorité départementale depuis 2015 n’a pas apporté de crédits supplémentaires mais s’est désengagée dans les domaines de la protection de l’enfance et de l’insertion des allocataires du RSA qui sont les priorités fléchées du Plan Pauvreté.

Citons la baisse des financements attribués aux Clubs de Prévention qui agissent auprès des jeunes décrocheurs, la fragilisation des parcours des jeunes sortants de l’aide sociale et l’augmentation des « sorties sèches », la suppression des PMI en maternités, la diminution des réponses en termes de placement, de prévention et d’accompagnement comme les colonies de vacances pour les enfants de l’aide sociale. Citons également la baisse des moyens accordés aux associations caritatives et la mise en œuvre d’un suivi à deux vitesses entre les allocataires les plus proches et les plus éloignés de l’emploi.

Il y a visiblement un point commun entre la majorité présidentielle et la majorité départementale : l’écart sensible entre les efforts de communication et les prises de décision effectives qui ne marquent pas d’avancées réelles.

Les Nordistes ne sont pas dupes !