L’égalité Femme-Homme ne peut pas se payer de mots !

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RRagazzoLe rapport de situation 2015 sur l’égalité entre les femmes et les hommes du Département du Nord s’attache notamment à mettre en exergue l’étape symbolique que constitue l’élection de binômes paritaires au Conseil départemental.

C’est vrai, nous pouvons nous en féliciter. Il s’agit d’un véritable progrès au regard de l’histoire très masculine de la collectivité départementale.

Souhaitons que l’administration puisse s’inspirer un peu de ce modèle paritaire car les inégalités femmes/hommes restent en effet très prégnantes dans la fonction publique territoriale. Plus les responsabilités sont élevées, moins les femmes sont nombreuses.

Comme le souligne un rapport parlementaire de 2011 sur l’égalité professionnelle, « la fonction publique territoriale affiche le taux de féminisation des emplois de direction le plus faible des trois versants de la fonction publique, Ainsi, malgré un nombre important de femmes dans le « vivier » des emplois de direction, c’est-à-dire des agents de la catégorie A (56,1%), le taux de féminisation des emplois de direction n’est que de 18%. »

C’est dire s’il reste du chemin à parcourir dans ce domaine !

Dans ce contexte, nous pouvons nous réjouir des annonces du rapport :
– l’élaboration en 2014 d’indicateurs relatifs à l’égalité des femmes et des hommes ;
– la sensibilisation des agents de la Direction Emploi et Compétences pour susciter une culture commune de la promotion de l’égalité ;
– le travail mené en 2015 par les Médiathèques Départementales et les initiatives de terrain.

Toutefois, il faudra plus qu’un rapport pour endiguer le niveau des inégalités. C’est pourquoi, nous déplorons l’absence de réelle nouvelle politique structurée pour l’égalité femmes hommes.

Le rapport fait référence aux Ateliers Citoyens organisés en 2015 sur le thème « Agir pour l’égalité, contre les discriminations » et initiés par la précédente majorité. Aujourd’hui, nous constatons malheureusement l’absence de déclinaisons opérationnelles et de délibération concrète autour de cet enjeu. Cela est plus que regrettable.

Par ailleurs, certaines décisions prises ces derniers mois sont en contradiction flagrante avec les objectifs d’égalité femmes hommes.

Nous pouvons notamment évoquer les coupes sombres dans les subventions en direction des structures qui agissent quotidiennement pour défendre les droits des femmes et agir contre les violences à l’image de Mères pour la Paix ou de Louise Michel.

Enfin, nous nous interrogeons sur le devenir de certains services départementaux qui travaillent quotidiennement sur le sujet de l’égalité mais qui aujourd’hui sont en voie de dévitalisation avant suppression totale :
– l’Observatoire Départemental des Maltraitances faites aux femmes ;
– le Pôle Médiation et Défense des Droits.

Ces éléments invitent au plus grand scepticisme quant au véritable volontarisme politique et l’ «engagement à agir» mentionné dans ce rapport.