Le Département doit être acteur d’une véritable stratégie en matière de mobilité !

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A l’occasion de l’examen du rapport annuel 2016-2017 sur la délégation de service public du réseau de transport public Arc en Ciel, Roger Vicot est revenu en séance plénière sur l’absence de réflexion globale du Département en matière de mobilité.

Au 1er septembre 2017, la compétence transport a été transférée à la Région Hauts-de-France avec le réseau Arc en Ciel. Le Conseil départemental a ainsi examiné le dernier rapport annuel sur la délégation de service public pour le transport public non-urbain qui couvre l’exploitation entre le 1er septembre 2016 et le 31 août 2017.

Ce dernier exercice n’est pas tout à fait neutre.

En effet, le 4 juillet 2016, la majorité départementale a décidé d’une évolution sans précédent de l’offre de transport du réseau Arc en Ciel. Sur l’ensemble du département du Nord, 550 courses ont ainsi été supprimées, 137 courses ont vues leur périodicité réduite et 42 courses ont été fusionnées. Les changements sont loin d’être anodins.

Cette réduction de l’offre de transport est venue s’ajouter à la disparition de la gratuité du transport scolaire pour les collégiens habitant en zone urbaine et à l’augmentation des tarifs du réseau Arc en Ciel.

Si dans la période de forte contrainte budgétaire, des ajustements sur l’offre de transport étaient sans doute nécessaires et légitimes, les élus du groupe SRC ont à l’époque dénoncé la méthode, l’ampleur des changements et l’absence de vision globale en matière de mobilité.

La méthode tout d’abord, car ces changements ont été opérés sans aucune concertation puisque, dans le même temps, décision a été prise de supprimer les Comités d’usagers sensés associer les Nordistes à la construction des politiques du Département en matière de mobilité.

Le rapport annuel présente la démarche qualité entreprise par les délégataires et les résultats sont positifs. C’est une bonne chose mais cela ne peut remplacer un recueil de la parole des usagers. Il faut noter d’ailleurs que sur cette période, aucune enquête de satisfaction n’a été réalisée à leur endroit.

Nous dénoncions également l’ampleur des changements. Naturellement, l’évolution régulière de l’offre du réseau Arc en Ciel est nécessaire pour s’adapter aux besoins des Nordistes et veiller à la bonne utilisation de l’argent public. Pour autant, nous trouvions que cette décision démesurée ne tenait pas compte des besoins réels du monde rural.

Quel était la ligne de conduite de la droite départementale à l’époque ? La recherche d’un maximum d’économies budgétaires.

Les résultats sont là, avec plus de 6,4 millions d’euros d’économies pour le Département.

Mais le corollaire n’est pas très glorieux avec par rapport à 2015-2016, un nombre de kilomètres commerciaux en diminution de 13%, des recettes directes sur les usagers en chute de 6% et une baisse de la fréquentation du réseau qui tangente les 3%.

Au regard des problématiques de mobilité que connaît le territoire du Nord, est-il satisfaisant de constater une telle baisse de la fréquentation d’un réseau de transport public ?

Ce rapport annuel démontre implacablement que la logique budgétaire de court terme s’est substituée une fois de plus à une vision stratégique en matière de mobilité.

Et c’est là, la dernière critique : l’absence de vision globale en matière de mobilité.

Avec la disparition de 550 courses sur le territoire, des centaines de Nordistes ont été laissés sur le bord de la route sans leur offrir la moindre solution de substitution. Il ne faut pas s’y tromper, ce nouveau désengagement a touché une nouvelle fois les plus fragiles que les demandeurs d’emploi, les personnes âgées ou les jeunes.

Qu’en est-il également de la défense de la ruralité ?

Pourtant, face à la faible fréquentation de certaines lignes, des solutions existent. Il faut rappeler simplement que sous la précédente majorité, nous avions été à l’initiative d’un large appel à projets mobilité pour soutenir le développement de solutions alternatives telles que le transport à la demande ou le développement du covoiturage ?

Nous rappellerons simplement que sous la précédente majorité, un Schéma Liberté Mobilité 2030 a été adopté à l’unanimité dans cet hémicycle à l’issue d’Ateliers Citoyens réunissant pendant plusieurs semaines près de 1600 personnes. Qu’en est-il des 50 fiches actions qui y étaient associées ?

Le Département doit maintenant renouer avec une réflexion plus globale sur la mobilité. La perte de la compétence du transport public interurbain et scolaire ne doit pas conduire le Nord à renoncer à une stratégie en matière de mobilité. Ce sujet est au cœur des solidarités humaines et territoriales.