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« Jean-René Lecerf tire à l’arme lourde », nous avons recollé les morceaux !

Le Président Jean-René Lecerf a fait sa rentrée politique et ce n’est pas passé inaperçu. Au regard des nombreuses interpellations, nous vous proposons de retrouver ici quelques éléments de réponse qui ne manqueront pas de rétablir une vérité trop souvent détournée.

Dans La Voix du Nord du 03/09/2015 http://www.lavoixdunord.fr/region/departement-du-nord-le-president-jean-rene-lecerf-tire-ia0b0n3021911
Dans la Chronique du BTP du 02/09/2015 http://www.lachroniquebtp.com/dossiers/departement-du-nord-methode-lecerf-loupe

PROMESSES

« Jean-René LECERF qui entend expliquer aux élus qu’il n’est pas comptable des promesses de ses prédécesseurs »

Nous ne sommes plus dans le registre des « promesses » lorsque le Département du Nord adopte des délibérations et surtout lorsque ces décisions, ces engagements ont été également votées en leur temps par les élus de la droite départementale. A cet égard, nous pouvons citer les contrats de territoire ou le plan routier départemental.

Alors, double langage ?

➢ ENDETTEMENT

« Notre dette est importante à 1,4 milliards d’euros, mais supportable pour la taille de notre Département » Jean-René Lecerf

Lorsqu’il y a des compliments, il faut savoir les accueillir. Parce que les finances départementales étaient saines, parce que les taux d’emprunts étaient avantageux, la gauche départementale avait fait le choix d’emprunter pour soutenir l’investissement, l’activité des entreprises et in fine l’emploi. C’est toujours bien de le rappeler.

GESTION

« Pour schématiser, 60% de nos malheurs proviennent d’éléments externes, telles que la réforme territoriale, la baisse des recettes, l’augmentation des allocataires… 40% sont certainement le fruit de décisions du Département. » Jean-René LECERF

Depuis quelques mois, c’est le leitmotiv de la droite qui pointe du doigt la gestion du Département du Nord par l’ancienne majorité.

L’audit rendu public en juin dernier présente le défaut de ne pas mettre assez en valeur les logiques de politiques publiques.

Or, on ne peut pas comprendre la logique de l’évolution des finances du Département si l’on ne distingue pas les allocations individuelles de solidarité (RSA, APA et PCH), pour lesquelles le Nord agit comme une agence déconcentrée de l’Etat, et les autres politiques publiques, pour lesquelles le Nord est une collectivité territoriale exerçant des compétences décentralisées.

De 2009 à 2014, le coût des allocations individuelles de solidarité (AIS) a progressé en brut de 145 millions d’euros. En 2014, le reste à charge des allocations individuelles de solidarité s’élève à 319 millions d’euros. Si ce reste à charge était compensé, l’épargne brute au compte administratif 2014, présenté tout à l’heure, serait de plus de 400 millions d’euros.

Autrement dit, le Département, collectivité autonome, est financièrement équilibré. Il finance le Département, agence déconcentrée de l’Etat, et c’est ce financement qui le déséquilibre.

L’audit ne met donc pas en évidence une difficulté de gestion du Département. Il pose fondamentalement la question du pilotage et de financement des politiques de l’Etat.

Par ailleurs, cela n’a pas empêché la précédente majorité d’être exemplaire sur sa gestion des deniers publics avec des dépenses de fonctionnement maîtrisées voire même quasiment stables si on compare les résultats des comptes administratifs 2012 et 2014 hors RSA.

A l’été 2014, la majorité de gauche avait même engagé un nouveau plan d’économies de fonctionnement dont les bénéfices sont attendus en 2015-2016.

Les dépenses de personnel se situent dans la moyenne des Départements métropolitains avec 189 euros par habitant.

La dette ne s’envole pas, elle se situe également dans la moyenne nationale avec 518 euros par habitant.

Ces deux derniers points, c’est BFM Business qui l’affirme dans un classement paru en mars 2015 (http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/classement-les-departements-les-mieux-geres-et-les-autres-865085.html)

Preuve s’il en est que la gestion de notre Département est saine.

➢ CONTRATS DE TERRITOIRE

« Il y en aurait pour 900 millions d’euros pour les routes, 800 sur les contrats de territoire. »

Des gros chiffres pour une grosse ficelle.

Pourquoi ces chiffres sont contestables :
– la droite distingue les projets routiers des contrats de territoire. Problème, la grande majorité des projets routiers figurent dans les contrats de territoire ;
les chiffres sont gonflés artificiellement en additionnant l’ensemble des études menées par le Département et pour lesquelles il n’y a aucun engagement. Une étude ne vaut pas engagement, son objet est justement de vérifier la pertinence d’un projet ;
– ces chiffres mérites un examen précis des projets en question puisque nous savons d’ores et déjà que certains sont déjà payés et réalisés alors que d’autres ne verront jamais le jour.

Cependant, rien d’étonnant au fait que les chiffres demeurent importants puisque l’objet des contrats de territoire est de regrouper l’ensemble des opérations que le Département souhaite mener en partenariat avec les autres collectivités, et cela sur une période de 6 ans.

Ces opérations sont hiérarchisées (1, 2 et 3 étoiles) dans l’optique d’une programmation pluriannuelle. Le lancement des opérations est enfin conditionné à la participation des autres collectivités partenaires.

Faut-il rappeler que ces contrats de territoire ont fait l’objet d’un vote à l’unanimité eux aussi, comme pour les projets routiers, de la part des élus du Conseil général !

Faut-il rappeler que l’objet même de ces contrats de territoire est de sortir d’une logique de guichet et de marchandage électoraliste pour entrer dans une logique d’aménagement du territoire avec une hiérarchisation des besoins et une programmation pluriannuelle sur 6 ans.

Encore une fois, nous avons affaire à un double langage de la droite départementale qui a réclamé localement l’inscription de nombreux projets dans les contrats de territoire et qui dénonce maintenant à l’échelle départementale le volume des opérations. L’attitude de l’actuel 1er Vice-Président du Conseil départemental ardent défenseur des projets sur l’écoquartier du Raquet (notamment la piscine) est assez symptomatique.

➢ CONSTRUCTION DU COLLEGE DE MOULIN

« Le collège de Moulins à Lille mobilise 38 millions d’euros d’investissement pour 500 élèves alors qu’il aurait coûté partout ailleurs 20 millions »

Tout d’abord, nous ne faisons pas des collèges comme « partout ailleurs ». Le pari fait à l’époque par la gauche était celui de l’excellence éducative. C’est un choix, une question de priorité.

Ensuite, les 38 millions d’euros avancés ne correspondent pas seulement à la construction d’un collège mais bien à une opération plus complexe qui participe à un véritable projet urbain.

Lorsqu’il n’y a qu’un seul projet architectural, la règle est qu’il soit mené par un seul opérateur pour des raisons d’efficacité et d’optimisation des coûts. En l’occurrence, il s’agit du Département du Nord.

Les 38 millions d’euros ne correspondent donc pas seulement à la construction d’un collège mais à complexe culturel, sportif et éducatif (internat, pôle culturel, complexe sportif…).

En face de cette dépense, le Département va bénéficier de recettes :
– de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) pour l’internat de réussite scolaire : 3 983 490 € HT,
– Agence de l’eau : 46 175 € HT pour la mise en œuvre de techniques alternatives et pour la récupération des eaux de pluie,
– FEDER: 150 952 € HT,
– la Ville de Lille finance également l’équipement sportif à hauteur de 10 600 000 euros TTC.

Au total, le coût réel du collège qui reste à la charge du Département s’élève à un peu plus de 23 millions d’euros.

➢ RSA ET ASSOCIATIONS DE REINSERTION

« Aujourd’hui, dans le cadre du RSA, nous travaillons avec 300 associations de réinsertion. […] Je voudrais qu’il n’y en ait plus qu’une cinquantaine. […] On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs »

Ce n’est pas notre vision des choses. Pour nous, il y a l’humain d’abord ; c’est à dire des femmes et des hommes qui s’engagent chaque jour pour accompagner les allocataires du RSA, pour aider les personnes les plus éloignées de l’emploi à retrouver pied.

La réinsertion, pour être efficace, nécessite de la proximité. Il n’est pas anormal d’avoir 300 associations d’insertion dans un Département qui compte plus de 2,5 millions d’habitants sur un territoire qui s’étend sur plus de 200 kilomètres.

Il s’agit d’ailleurs d’associations. Ce qui signifie qu’au-delà des salariés, la disparition de certaines structures pourrait priver notre territoire de tout un maillage de bénévoles qui ne coûte rien mais rapporte beaucoup sur tous les plans.

➢ « S’ATTAQUER AUX DISPOSITIFS OCCUPATIONNELS »

Il s’agit ici d’une vision complétement réactionnaire. Les dispositifs innovants d’insertion par la culture ou l’aide aux familles monoparentales participent à la lutte contre l’exclusion et bien souvent à un retour vers l’emploi.

Au fond, la volonté de la droite est bien de distinguer l’insertion sociale de l’insertion professionnelle.

Une distinction qui va à l’encontre du travail mené depuis plusieurs par l’ensemble des acteurs. Il n’y pas de « dispositifs occupationnels » mais tout un éventail de dispositifs qui pris dans leur ensemble participent à une politique ambitieuse et réaliste dans le domaine de l’insertion sociale et professionnelle.

➢ LES POMPIERS (SDIS)

« Une armée mexicaine »
Les pompiers professionnels « sont censés travailler 95 jours (des gardes de 24 heures) par an. Chez nous, ils en font: 84 + les arrêts maladie »
« Moins de renouvellement de matériel, pas de nouvelles casernes »

Mettre en cause l’intégrité et la probité des femmes et des hommes qui sont au service de notre sécurité, qui consacrent leur temps à venir en aide aux nordistes, ce n’est pas correct. Les pompiers méritent notre respect.

Bien sur, les réformes sont toujours possibles et souhaitables mais elles doivent aller dans le sens d’une amélioration du service public.

Quelques propos méritent par ailleurs des précisions :
– le chiffre avancé de 95 jours travaillés est faux. Une Directive européenne réglemente le temps de travail à 47 jours par semestre, soit 94 jours par an. C’est justement le temps de travail des pompiers dans le Nord ;
– Pointer du doigt les temps de formation et les arrêts maladies en les déduisant du temps de travail, c’est méconnaitre la spécificité du métier de pompier et ses risques professionnels ;
– Le matériel chez les pompiers, ce n’est pas un luxe. Il en va de notre capacité à porter secours aux victimes, à faire face à la complexité des interventions de secours ;
– Enfin, là où des mutualisations sont possibles, nous avons déjà entrepris une coopération avec le Département du Pas-de-Calais et nos voisins belges.

➢ DES SOLUTIONS PATRIMONIALES INNOVANTES

« Quand le contexte permet d’attirer l’investissement privé nous n’allons pas nous en priver. Je pense par exemple au siège du Département à Lille, que l’on appelle le forum. Cet ensemble immobilier, vétuste et défaillant doit être rénové. L’emplacement est propice à une opération immobilière intéressante. Nous pourrions ainsi nous loger dans un immeuble neuf sans sortir un sous, grâce à la valorisation du foncier. L’Etat qui occupe une partie des locaux avec la DREAL est bien entendu impliqué. La Ville de Lille et la MEL sont également partants pour faire de cet espace entre Lille Flandres et le Grand Palais un véritable projet urbain. »

Rien de nouveau sous le soleil !

La droite ne fait que reprendre les grandes opérations qui étaient initiés et prévus par notre majorité. En décembre 2013, le Département du Nord actait ce projet dans son Schéma directeur immobilier des services qui prévoyait :
– le principe d’un regroupement des services centraux sur le site Delory ;
– un protocole d’accord avec l’Etat autour d’un principe d’échange immobilier entre le bâtiment de la DREAL et l’Hôtel du Conseil Général ;
– un droit à construire à hauteur de 5 500 mètres carrés sur l’espace libre dit « la pelouse entre l’immeuble « Le Forum » et l’Hôtel du Département ;
– un potentiel de 7 000 mètres carrés de bureaux nouveaux après la restructuration de l’immeuble « Le Forum » ;
– l’intégration de l’îlot Delory par LMCU dans le périmètre de la ZAC Euralille 3000 ;
– la rentabilité économique propre de l’opération avec même la possibilité d’y associer une opération privée sur près de 3 000 mètres carrés.
– rappelons pour l’anecdote que le Groupe Union Pour le Nord n’avaient pas jugé bon à l’époque de voter cette délibération.

De la même manière, la reconstruction du collège Rouges-Barres à Marcq-en-Barœul était un projet déjà bien avancé. L’opération d’urbanisme prévoyait, en dehors du collège, la construction sur l’ancien site de Transpole de logements et de bureaux en partenariat avec la MEL et la Mairie de Marcq-en-Barœul.