Face à la crise sanitaire : renforçons notre aide pour les sans-abris !

Soraya Fahem a interpelé l’exécutif départemental sur la situation des sans-domicile fixes dans le contexte actuel de crise sanitaire.

La Fondation Abbé Pierre vient de tirer la sonnette l’alarme. Le nombre de personnes vivant dans la rue a explosé. Il serait passé de 140 000 personnes en 2012 à 300 000 personnes en 2020. Les chiffres ont doublé en à peine 10 ans !

Nous nous rappelons de l’engagement du Président de la République Emmanuel Macron lors de ses vœux aux Français le 31 décembre 2017 : « Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans abri. »

Trois ans plus tard, nous sommes encore loin de l’objectif.

Certes, l’Etat a débloqué des moyens avec l’ouverture de 9 000 places supplémentaires. Cependant, nous savons qu’elles ne suffiront pas à répondre aux besoins dans le contexte actuel.

En effet, l’épidémie du Covid-19 ajoute des difficultés aux difficultés, accentue la précarité et aggrave encore l’isolement des personnes sans-domicile fixe.

La situation est dramatique. Elle exige une mobilisation nationale. Le Département du Nord doit y prendre toute sa part.

Nous savons que les jeunes sont sur représentés parmi les sans-domicile fixe. Nous savons aussi que plus d’un sans-abri sur quatre est passé par l’aide sociale à l’enfance.

Nous avons bien noté dans la nouvelle feuille de route de la protection de l’enfance votée en novembre dernier la priorité donnée à la lutte contre les sorties sèches de l’ASE.

Cependant, nous devons aussi agir dans l’urgence pour tous ceux qui sont déjà passés entre les mailles du filet et se retrouvent aujourd’hui totalement démunis sans toit, sans proche, sans aide et surtout sans accompagnement.

C’est une question de dignité et surtout d’humanité dans une période où les liens sociaux se disloquent avec le confinement ; en particulier pour les plus fragiles qui ne doivent pas être abandonnés.

Nous souhaitons que le Département du Nord puisse intervenir en urgence auprès des associations de terrain, recenser les besoins et débloquer des aides exceptionnelles pour soutenir leur travail.

Le Nord ne doit pas rester les bras croisés.

Zoom sur les pensions de famille

Les pensions de famille permettent de développer des réponses intermédiaires entre l’hébergement d’urgence et le logement classique. Sur le Département du Nord, il existe 9 pensions de famille gérées par 8 associations.

En 2014, avant l’alternance, une subvention annuelle de 21 000 € leur était accordée à chacune d’entre elles. Avec l’alternance, la subvention a baissé. Elle est passée à 17 883 € par structure en 2015. Depuis 2016, les pensions ne touchent plus qu’une subvention de 15 000 € par an.

Un désengagement inacceptable face à l’augmentation du nombre de Sans-Domicile Fixes !