Externalisation de l’entretien dans les collèges : quelle évaluation ?

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Alexandra LECHNER est intervenue pour demander que soit rendue publique l’évaluation de l’externatlisation de l’entretien dans les collèges.

Josyane BRIDOUX avait interrogé la majorité départementale en avril dernier sur l’évaluation de l’externalisation de l’entretien dans les collèges publics. Faute de réponse satisfaisante, nous avons réitéré l’exercice lors du volet éducation du Budget Primitif 2020.

Fin 2016, le choix avait été fait d’expérimenter l’externalisation de l’entretien dans les collèges publics. Cette décision a été prise dans un contexte particulier.

En effet, les non remplacements de postes ont créé dans certains collèges un climat d’exaspération lié à la surcharge de travail et à la baisse de qualité du service.

Les TOS des collèges étaient au nombre de 1 600 en 2006. Ils ne sont plus que 1 200 en 2019. Il y a une pénurie d’agents titulaires qui va s’aggraver : 75 % des agents des collèges seront partis à la retraite d’ici 2021.

Certains établissements ont donc accueilli l’externalisation dans un premier temps avec un véritable soulagement face à la diminution conséquente depuis 2015 du nombre d’agents départementaux affectés dans les établissements.

De notre côté, nous ne sommes pas opposés par principe à l’externalisation par petite dose si elle permet de renforcer les équipes et d’améliorer le service public. Il peut y avoir en effet des besoins temporaires auxquels il faut répondre rapidement.

Pour autant, nous sommes complétement opposés à la baisse du nombre d’équivalents temps plein d’agents départementaux dans les collèges.

Pour des raisons simples liées à la qualité et la continuité du service public :

– les agents départementaux connaissent l’établissement dans lequel ils travaillent sur l’ensemble de l’année,
– cela permet un travail d’équipe et facilite la polyvalence des agents,
– les agents titulaires travaillent au sein de l’établissement aux horaires de cours des collégiens ce qui renforce la présence humaine dans les établissements,
– les TOS n’ont pas un cahier des charges rigide comme celui des agents des sociétés privés qui ont une liste de tâches très cadrées.

Cela fait près de trois ans que l’externalisation est mise en œuvre au niveau des collèges. Une évaluation du dispositif était prévue. Nous savons aujourd’hui qu’elle a eu lieu.

Le Département du Nord a en effet mandaté le Clersé, une unité de recherches rattachée à l’Université de Lille pour évaluer l’expérimentation.

Ce rapport a été rendu le 28 avril 2017. Alors que la diffusion d’un tel rapport auprès des élus du Conseil départemental était légitime, choix a été fait de l’enterrer. Or, ce rapport n’est pas la propriété de la majorité départementale. Aussi, nous réclamons aujourd’hui qu’il soit rendu public.

Dans l’attente, quelques bonnes feuilles nous sont parvenues, et notamment les conclusions du rapport qui évoquent 3 paradoxes :

« Le premier paradoxe repose sur la volonté d’économie budgétaire tout en recourant à des heures de travail plus coûteuses […] (une heure prestée par le marché étant plus chère qu’une heure d’un salarié contractuel) ».

Second paradoxe, qui renvoie « au souhait d’optimiser la qualité du service tout en réduisant le nombre d’heures de travail disponibles. Ce point est résumé par le remplacement d’une journée de travail d’un AEP (soit 8 ou 7 heures) par une prestation de 5 heures ».

Enfin, « le troisième paradoxe concerne l’objectif d’amélioration des conditions de travail. En effet, les réorganisations que provoque l’externalisation redéfinissent le travail des agents d’entretiens polyvalents en réduisant notamment la dimension collective de leur activité et en intensifiant souvent les tâches à réaliser ».

Nous voyons bien ici que le choix fait de la généralisation de l’externalisation de l’entretien n’est pas aussi évident.