Covid-19 : quelle relance économique ?

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La Séance Plénière du 29 juin a permis à Martine Filleul d’intervenir sur la mobilisation du Département dans le chantier de la relance économique. Une urgence pour notre territoire

Notre territoire est confronté à des fragilités économiques, les inégalités sociales persistent, des fractures territoriales entre la métropole et d’autres arrondissements départementaux demeurent, le chômage est lui aussi un fléau qui perdure. Les conséquences de la crise sanitaire sont donc accrues dans notre département avec la présence de secteurs les plus impactés.

La filière automobile, par exemple, est très secouée par la crise. Nous avions ainsi appris avec colère et stupeur l’annonce d’une possible délocalisation de l’activité du site MCA Maubeuge vers l’usine Renault de Douai. Ce projet prévoyait de ne laisser sur le site de MCA que 3O0 postes de salariés contre les 2100 actuels. Cela constituait un véritable drame humain ainsi qu’une catastrophe économique et sociale pour tout ce bassin de vie. C’est pourquoi, dès l’annonce de ce potentiel projet, les socialistes du Nord se sont mobilisés aux cotés des salariés, des habitants et des élus du territoire pour dire leur opposition à un tel projet et réclamer l’intervention de l’État. Il nous paraissait inenvisageable que le site MCA Maubeuge, fleuron de notre territoire et reconnu unanimement comme un modèle de productivité au sein du groupe soit sacrifié.

Au-delà de cette filière, la situation économique au sens large est préoccupante pour notre département, où on ne compte plus les secteurs en difficultés suite au covid-19. Le secteur textile par exemple avec l’avenir de Camaïeu ou bien encore le groupe Verywear (Devianne, Julie and co…) avec pas moins de 683 emplois en péril. L’usine Agfa-Gevaert, avec l’annonce de l’arrêt d’activité annoncé pour fin 2020 sur le site de Pont-à-Marcq et ses 175 emplois menacés. Il en va de même pour la grande distribution, avec le groupe Auchan et ses différentes filières également en difficultés.

Face à cette situation économique extrêmement préoccupante, comment envisager le monde d’après ?

Il nous faudra innover, en particulier dans le secteur environnemental qui peut être un vecteur de redressement économique, et de nouveaux emplois. La croissance verte est l’occasion de former de nombreux salariés afin de les préparer aux nouveaux enjeux. La rénovation thermique est l’occasion de concilier justice sociale, qualité environnementale, pertinence économique.

Il faudra mettre en place des politiques spécifiques en direction de la jeunesse. On le sait, beaucoup vont arriver sur le marché de l’emploi à la fin de l’été. Le département va devoir agir pour s’assurer que ses jeunes restent dans le Nord, et qu’ils trouvent des garanties de travail suffisantes. Ce sera aussi le rôle de l’industrie, des entreprises départementales et des PME que de permettre aux alternants, aux apprentis, aux stagiaires, aux jeunes travailleurs de trouver un emploi.

Cette crise a montré l’importance et la pertinence de l’échelon local et des collectivités locales. Nous appelons la majorité départementale, par exemple, à accroitre l’aide aux communes, ceci aussi pour relancer la commande publique.

Pour conclure, cela rend, également, de plus en plus inévitable un nouvel acte de décentralisation. A cet égard, nos parlementaires, seront force de propositions, afin de redonner aux collectivités territoriales, les moyens d’agir !