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Budget éducation : la fin de l’ambition pour les collèges publics nordistes

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LECHNER-HOUZ5936Par Alexandra Lechner, Conseillère départementale du canton de Lille 3

Depuis son arrivée à la tête du Département du Nord, la droite départementale a démantelé un par un les dispositifs volontaristes mis en place par la précédente majorité de gauche.

L’enseignement et les collèges ont connu des désengagements plus importants que dans nul autre domaine.

Pour preuve, le budget de l’éducation perd, en fonctionnement, plus de 5 millions d’euros par rapport à l’an dernier. Il passe de 76 millions en 2015 à 70,82 millions d’euros pour 2016 : du jamais vu dans le Nord !

La droite demande aux enseignants des collèges publics nordistes de faire autant et même mieux avec moins de moyens. C’est une véritable remontée dans le temps à l’époque du quinquennat de Nicolas Sarkozy…

Le détricotage par la droite des dispositifs éducatifs de l’ancienne majorité est caricatural. Ainsi, un nouveau « Projet Educatif Départemental du Collégien » vient d’être proposé en remplacement de feu le Projet Educatif Global Départemental.

Principales nouveautés ? Le nouveau dispositif signe un retour en arrière. Nous passons d’une logique de projet à une logique de guichet pour les établissements. Mais surtout, le nouveau dispositif accorde moins de financements pour les collèges du public. Par contre, il bénéficie, dorénavant, aux collèges du privé.

Au-delà des désengagements qui touchent les collèges publics, la majorité départementale va proposer en cours d’année plusieurs « réorientations » de la politique départementale de l’éducation.

La principale ? Prévoir « de nouvelles négociations avec les directions diocésaines » sur les modalités de financement du privé « dans la recherche de l’équité entre collégiens du public et du privé ».

Une réorientation qui semble très surprenante… Jusqu’ici, le Département du Nord a toujours défendu l’enseignement public, laïque et gratuit.

Quel est le sens des termes employés par la majorité sur la recherche d’un financement plus équitable pour le privé ? Interrogée, la Vice-Présidente en charge de l’éducation n’a pas souhaité répondre à la question : un demi-aveu ?